EXPRESSIONNISME ?

Jörg  HERMLE,  ARTISTE PEINTRE

"L’expressionnisme est devenu aujourd’hui un pur produit de la forme. Il s’est abandonné au formel, évolution si chère à l’art du XXème siècle, en oubliant son contenu.

Quelques coups de pinceau un peu plus violents que d’habitude et on parle d’»Expressionnisme». Des couleurs sans couleur - le noir et le blanc - ou bien violentes, des visages grimaçants déformés et violés ou cadrés au plus près deviennent Expressionnisme. 

Quelque crânes humains stylisés ou non, peints avec fougue ou léchés d’après photo, c’est encore »Expressionnisme». La représentation d’un personnage saignant, désarticulé,torturé ou se prélassant dans l'horreur jusqu'au ridicule devient elle aussi de l’Expressionnisme.

Nous sommes de nouveau placés devant un phénomène de récupération identique à celui du Romantisme qui fut dilué hors de son contexte dans une forme vide de sens. Sa recherche des idéaux de vérité, de vie, ou sublimations de la mort comme idéal suprême de la vie, perçus essentiellement comme souffrances, se sont éteints en devenant une simple expression sentimentale."




"L’expressionnisme ne peut se ranger en aucun cas dans le tiroir du formel. Il est, avant tout, un langage culturel et ancré dans les racines les plus profondes des civilisations combattantes ; civilisations confrontées à la dureté d’un milieu ou d’un lieu hostile.

L’expressionnisme exprime toujours une préoccupation sociale, sociétale, même politique, de la vie telle quelle, sans fard, sans embellissement, n’ignorant jamais la mort, part immergée de la vie.

L’expressionnisme ne peut pas être coupé de ses bases qui sont le monde de l’humain. Il rend ce monde visible sans l’embellir, sans effets de séduction, avec ses joies et drames, ses injustices et souffrances, son humour et ses tares, ses vices et ses enthousiasmes. Il devient ainsi le miroir d’une société en lutte.Il doit rester humain, sinon il n’est pas."