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Christian Noorbergen Juin 2018

Ses traits de destin, ses éclairs de chair
 
Isabelle Bercée crée des corps-univers somptueux et enciellés, indestructibles et saisissants.

Chez elle, le trait fulgure, âpre, agissant, et d’une sidérante fluidité, tandis que les rouges dominent et brûlent l’espace.

Des échos de visages et des corps en échos ensemencent le vide. En fatale intensité. En fulgurance vitale. En formidable frontalité.

Avec des approches de néant, et de souterraines charges d’Eros.

Avec ici et là des nappes d’opacité, et parfois, des blessures de lumière.


SUITE

Chez Isabelle Bercée, comme arrachées à la création, ses lignes dures et ses taches allusives vibrent et fusionnent.

Elles déchirent l’étendue, et de fragiles apparences de peau intime, d’une fabuleuse souplesse de nuage, s’étirent en traînées de destin.

Tentatives héroïques et tragiques de fuir l’enfermement du corps, en créant des corps en passantes transformations, et de prodigieux éphémères.

Monstre-corps sans origine, diffusé en métamorphoses acérées, évacuées du réel, et libérées toujours des pesanteurs.

Fascinantes saisies de ces mouvances instantanées.
 


SUITE  ET  FIN

Isabelle Bercée n’œuvre pas dans la douceur, ni dans le saccage, mais dans l’implacable tension de l’échange.

Acte de dépossession qui laisse surgir des apparences d’altérité, des effluves de sueur, des lancées de désir, et de fulgurantes passerelles charnelles.

Des traces aiguës de cicatrices inoubliées, aventureuses et déliées, s’abandonnent à l’absence des rêves.
Des allures réduites aux grandes fenêtres d’art, infinis les passages en ce pays d’âme et de peau.

Chaque corps est un gouffre.

Chaque esquisse est une secousse.

Chaque geste est une trouée.
L’abîme infini du dedans et les énergies du dehors s’étreignent, et sans fin surgissent d’impensables éclairs de chair.



LES FRESQUES
Au commencement est la face. Face au monde, elle prend l’univers à son compte.

L’espace envoûté devient miroir d’humanité, tandis qu’un geste innombrable, majestueux et vibrant, crée à vif l’envahissement progressif des visages.La vie faciale prolifère sans limite, et le trait rouge, infiniment souple et happant, brûle la surface, sanglance vitale affolante et plurielle, nageant dans l’écho de ses propres débordements.

Fresque d’immensité